Le Luberon s'étire entre la Durance et les monts de Vaucluse, enchaînement de villages en pierre blonde accrochés aux collines — Gordes face au vide, Bonnieux dominant les cerisaies de la plaine, Ménerbes où les façades ocre s'embrasent au soleil couchant. Les marchés scandent la semaine : celui d'Apt le samedi sous les platanes centenaires, celui de Lourmarin le vendredi avec ses producteurs de fromages de chèvre, son miel de lavande et les melons de Cavaillon. Dans les ruelles, les fontaines coulent toujours et les bories parsèment le paysage de leurs silhouettes de pierre sèche.
La cuisine suit les saisons du terroir. L'agneau des garrigues, les truffes des chênaies vers Carpentras en hiver, les asperges de sable au printemps — les chefs travaillent en circuit court avec les producteurs de la vallée. Les adresses vont des tables étoilées installées dans d'anciens mas aux restaurants de village où la terrasse donne sur les vignes et le menu s'écrit selon les arrivages. Pour l'apéritif, la place de Cucuron quand le soleil décline, ou le café du matin à Lacoste dans l'ombre du château du marquis de Sade.