Hacienda Vison : Une Escapade entre Design et Nature à Mie
Au cœur des paysages verdoyants de la préfecture de Mie, HACIENDA VISON propose une escapade où le design moderne côtoie la nature et la gastronomie locale. Conçue sous la supervision de The Conran Shop, cette adresse intimiste de six chambres dévoile des univers inspirés de grands artistes et designers, au sein d’un domaine consacré aux saveurs et aux savoir-faire japonais. De notre séjour dans la chambre Dessau, hommage au Bauhaus, à notre dîner chez IZURUN, en passant par les boutiques du complexe VISON, nous vous emmenons découvrir ce lieu singulier, à proximité du Grand Sanctuaire d’Ise.
Mie, une Échappée Verte aux Portes du Sacré
À Taki, au cœur de la préfecture de Mie, HACIENDA VISON se niche dans le vaste domaine de VISON, au milieu d’une nature luxuriante. Entre les montagnes au nord, la forêt et les jardins au sud, l’hôtel bénéficie d’un cadre paisible, propice à la déconnexion. Le Grand Sanctuaire d’Ise, haut lieu spirituel du Japon, se trouve à environ 30 minutes en voiture, permettant d’associer sa visite à une promenade dans les ruelles d’Okage Yokocho, dont les maisons traditionnelles abritent boutiques et spécialités régionales. Les anciens chemins de pèlerinage du Kumano Kodo et les paysages du parc national d’Ise-Shima, entre forêts profondes et criques découpées, complètent les possibilités d’escapades, pour un séjour mêlant nature, culture et sérénité.
Une Hacienda au Trait Contemporain avec The Conran Shop
Conçu sous la supervision de The Conran Shop, HACIENDA VISON emprunte son nom aux fermes traditionnelles du sud de l’Espagne, tout en affirmant une esthétique contemporaine, loin des codes rustiques. Derrière sa façade aux lignes géométriques épurées, six chambres composent un univers intimiste, chacune inspirée d’un artiste ou d’un designer de renom et ponctuée de mobilier du milieu du XXe siècle et d’objets de collection. Au cœur du hall, une grande cuisine insuffle à l’ensemble un esprit de maison : on s’y retrouve pour savourer un dîner raffiné préparé par un chef local, observer son savoir-faire ou cuisiner en famille et entre amis, notamment lors d’un cours de cuisine.
Six Chambres, Six Songes d’Artistes
Avec seulement six chambres, HACIENDA VISON cultive une atmosphère intimiste, au cœur de la nature. Chacune explore un univers artistique singulier, de la maison de Georgia O’Keeffe à Abiquiu au refuge de Le Corbusier au Cap-Martin, en passant par Malaga, ville natale de Picasso, les formes sculpturales d’Henry Moore et le design sobre et fonctionnel de Terence Conran. Toutes disposent de deux lits doubles et d’une cuisine, idéale pour préparer un repas avec les produits frais du marché VISON ou de la ferme voisine. Au rez-de-chaussée, les chambres Abiquiu et Málaga se prolongent par un jardin privé ; cette dernière accueille également les chiens, avec paniers, gamelles et friandises à leur disposition.
Nous avons séjourné dans la chambre 203 nommée Dessau, un espace de 90 m² pouvant accueillir deux adultes et deux enfants, dont le décor rend hommage au Bauhaus et à son principe fondateur : la forme découle de la fonction. Dès l’entrée, l’espace repas retient l’attention avec ses chaises de Marcel Breuer et ses suspensions de Christian Dell. Aux murs, des panneaux textiles évoquent le travail d’Anni Albers, tandis que des motifs d’artistes contemporains apportent une touche de vivacité. Le fauteuil Zigzag de Gerrit Thomas Rietveld et les luminaires de Bruno Munari enrichissent cet ensemble, où chaque pièce invite à regarder le mobilier autrement. Entre les deux lits doubles, la cuisine et l’espace dédié à la détente, cette chambre offre un cadre généreux pour savourer une parenthèse au calme, entourés de créations emblématiques du design moderne. Elle est également prolongée par une salle de bain avec douche et baignoire.
Une Symphonie Matinale entre Potager et Jambon Ibérique
Le petit-déjeuner se savoure en chambre, dans l’intimité de son espace privé, face au paysage verdoyant. Élaboré sous la supervision de Makoto Konno, chef du restaurant Orby à Azabudai Hills, ce menu particulièrement original réserve une belle place aux légumes frais cultivés à la ferme de VISON. Autour d’un thé, on découvre une soupe, une salade et deux tartines généreuses : l’une associe carottes râpées et viande, tandis que l’autre marie œufs brouillés et jambon ibérique. Des fruits et un yaourt complètent ce petit-déjeuner qui invite à prendre son temps, au son de sa musique préférée.
La Table Basque Sous le Ciel de Mie
À l’HACIENDA VISON, la gastronomie se vit au gré des envies, entre découverte des saveurs locales et moments de convivialité. La grande cuisine du hall invite à observer un chef préparer des plats à partir de produits de la région, ou à cuisiner soi-même en famille ou entre amis. Chaque chambre dispose également d’une kitchenette, idéale pour composer quelques amuse-bouches avec les ingrédients frais et les épices dénichés chez VISON, préparer un en-cas ou savourer un repas dans l’intimité de son hébergement.
Pour prolonger cette expérience, les restaurants de VISON ouvrent d’autres horizons gourmands, à commencer par IZURUN, installé au dernier étage de l’Hotel VISON. Inspirée par la culture gastronomique de San Sebastián, sa cuisine fait dialoguer les produits de la préfecture de Mie avec ceux d’Espagne. Aux commandes, le chef Akira Nakatake s’appuie notamment sur son expérience chez Akelarre et Arzak pour transmettre l’esprit de la table basque. Une cave consacrée aux vins espagnols, réunissant quelque 300 références et 1 000 bouteilles, accompagne cette rencontre entre les deux terroirs. Elle est complétée par une sélection de vins au verre, de xérès et de bières basques, ainsi que de liqueurs et de digestifs pour conclure le repas.
C’est dans ce cadre que notre menu dégustation TXULLO débute par un cocktail au bar, avant de nous conduire en cuisine pour une première bouchée dégustée debout, dans l’esprit convivial des fameux bars à tapas. Sur un petit socle, un coquillage accueille des morceaux délicatement dorés que l'on savoure face aux fourneaux, au plus près du travail de la brigade. Cette entrée en matière nous plonge immédiatement dans les coulisses du restaurant et donne au repas une dimension particulièrement vivante.
Après cette première immersion, nous rejoignons une pièce secrète baptisée le Réfrigérateur : derrière une porte évoquant celle d’un véritable réfrigérateur se cache un espace où nous dégustons un ceviche de sériole. Présenté dans un petit écrin de verre, il se pare de fines rondelles de gombo, de perles orangées et de délicats pétales violets et blancs. Cette composition fraîche et colorée séduit par une présentation soignée, qui contraste avec la sobriété de la table et prolonge la surprise de cette halte insolite.
La dégustation se poursuit à notre table avec le poulet de Kumano, dévoilé dans une mise en scène épurée, sur une assiette en bois surmontée d’un fagot de paille. Sa peau dorée et brillante attire immédiatement le regard. Élevé exclusivement dans la ville de Kumano, ce poulet issu du croisement du Shamo « Yakido », de l’Ise Akadori et du Nagoya Cochin se distingue par une chair rougeâtre et ferme, à la saveur riche des volailles de terroir. Fumé devant nos yeux, il s’accompagne de champignons au beurre, d’un yuzukoshō légèrement relevé et d’une sauce à l’œuf et au sel, qui complètent cette dégustation en associant gourmandise et vivacité.
Après cet hommage au terroir japonais, la Txistorra nous ramène vers les saveurs espagnoles en revisitant la saucisse traditionnelle avec du canard à la place du porc. Déposée sur un petit pain doré, elle s’accompagne d’une sauce aux anchois, à l’ail, à la tomate et à l’huile d’olive, qui apporte une touche méditerranéenne à cette interprétation. Une généreuse couronne de jeunes pousses et de légumes de la ferme de VISON coiffe l’ensemble, dont les couleurs vives se détachent sur une large assiette en céramique aux nuances minérales.
Dans le prolongement de ces accents méditerranéens, le salmorejo met à l’honneur les tomates cerises de Sanko Harenohi Farm, située à Tsu, dans la préfecture de Mie, dont la douceur évoque celle d’un fruit mûr. Servie dans une coupe en verre, cette soupe traditionnelle de tomates dévoile une robe rouge intense, ponctuée de quelques feuilles délicates et de perles d’huile. Une brochette de mozzarella et de chorizo l’accompagne, tandis que le jambon et le pain servis à côté apportent une touche gourmande. Le citron et le clou de girofle enrichissent l’ensemble de notes fraîches et épicées, qui répondent à la douceur des tomates.
Le repas prend ensuite une tournure marine avec le mérou aréolé. Sa chair blanche est coiffée d’une peau dorée et croustillante, ponctuée de quelques cristaux de sel. Le poisson repose sur une sauce tartare au curry, dont la teinte jaune apporte une touche lumineuse au dressage. Au-delà de l’accord de saveurs, cet accompagnement glisse une note personnelle dans le menu : il fait écho au rêve de jeunesse du chef, qui souhaitait alors ouvrir un restaurant de curry.
À cette évocation personnelle succède le foie gras, servi dans un délicat bol en céramique bleue et blanche. Deux morceaux poêlés, nappés d’une sauce teriyaki brillante et parsemés de graines de sésame, reposent sur un lit de riz et de maïs blanc. Le chef Nakatake, ambassadeur de Martiko au Japon, met à l’honneur ce foie gras produit en Navarre, dont la texture soyeuse et la profondeur umami se marient à la douceur du maïs et aux notes sucrées-salées de la sauce. Cette association originale et absolument délicieuse s’est imposée comme notre plat préféré du menu.
Après la richesse du foie gras, l’Intermède ménage une pause fraîche et fruitée avec un granité de pastèque. Ses cristaux rosés sont couronnés de trois myrtilles de la région, dont la teinte sombre contraste délicatement avec le rose tendre de la pastèque. Cette présentation épurée accompagne une respiration bienvenue dans la dégustation et prépare tout en légèreté l’arrivée du plat suivant.
La dégustation reprend avec le bœuf de Mikumano, servi en une belle pièce à la croûte dorée et au cœur rosé, accompagnée d’une sauce chimichurri d’un vert éclatant, d’un quartier de courge rôtie et d’aubergine blanche. Cette viande provient de génisses de race noire japonaise élevées avec soin jusqu’à l’âge d’environ 36 mois à Okada Farm, dans la préfecture de Mie. Installé sur une colline boisée surplombant la mer de Kumano, ce petit producteur commercialise une centaine de bêtes par an. Cette origine confidentielle se retrouve dans une assiette épurée, où la viande tient pleinement le premier rôle.
Pour clore cette succession de plats salés, « Retour aux origines » offre un clin d’œil à la gastronomie japonaise avec des udon froids, accompagnés de karasumi, une poutargue préparée par le chef, d’algues et de sudachi. Dans un bol sombre, les fines rondelles de cet agrume japonais contrastent avec les teintes profondes des algues et la couleur ambrée de la poutargue. Entre fraîcheur et accents iodés, cette composition épurée fait écho à notre séjour au Japon et prolonge le dialogue entre les cultures qui traverse tout le menu.
Le passage aux douceurs s’amorce avec la bouchée de zenzai au matcha, qui prend la forme d’un petit dôme vert tendre au glaçage brillant, coiffé d’une perle d’un vert plus soutenu. Chaque bouchée repose dans une cuillère noire aux lignes élancées, disposée sur un plateau de bois garni de feuilles de thé séchées. Sobre et raffinée, cette mise en scène souligne les nuances du matcha et donne à cette douceur japonaise l’allure d’un précieux bijou gourmand.
Dans le prolongement de cette première douceur, le flan aux œufs se dévoile dans une large assiette en verre, nappé d’un caramel ambré qui souligne sa teinte dorée. Une boule de glace à la vanille le surmonte, apportant une touche de fraîcheur et un contraste délicat à ce dessert au dressage sobre et soigné. L’ensemble compose une parenthèse gourmande avant les dernières douceurs du repas.
Pour terminer, ce sont trois douceurs qui sont à l'honneur : une part de gâteau basque à la cerise, dont le cœur fruité contraste avec la pâte dorée, un cube de cheesecake basque à la texture dense et crémeuse, et un cannelé à la robe brune, délicatement striée. Une tasse de thé met à l’honneur la tradition du breuvage japonais dans la préfecture de Mie, particulièrement dans l’ancienne province d’Ise. La récolte du thé nouveau y débute au plus tôt à la fin du mois d’avril, tandis que des variétés spécifiques sont utilisées pour produire le thé noir d’Ise. Cette dernière attention prolonge les liens tissés tout au long du repas entre les gourmandises basques et les saveurs locales.
Le Concept Original du Complexe VISON
Le complexe VISON se distingue par son concept singulier : un vaste lieu de vie à l’architecture contemporaine qui rassemble quelque 70 établissements autour de la gastronomie, du bien-être et du savoir-faire japonais. Très prisé des locaux, qui viennent y faire leurs achats, partager un repas ou profiter d’une journée de détente, il constitue une destination à part entière dans la région de Mie. On y flâne entre les restaurants dirigés par des chefs renommés, les pâtisseries japonaises et internationales et un marché mettant à l’honneur les produits de la mer et de la montagne. Des fermes biologiques et des boutiques proposant des expériences immersives enrichissent cet ensemble moderne, où la découverte des traditions locales s’accompagne d’une approche créative et actuelle.
Mon Avis
Le caractère d’HACIENDA VISON tient à une alliance inattendue : six chambres habitées par les grandes figures du design, une cuisine qui fait entrer les récoltes de Mie à table et des influences espagnoles jusque dans l’assiette. La chambre Dessau donne à cette rencontre une dimension tangible, avec des pièces de mobilier que l’on peut utiliser et apprécier au quotidien. À quelques pas, les boutiques de VISON et la table d’IZURUN prolongent la découverte d’un territoire attaché à ses produits et à ses savoir-faire. Une adresse à retenir pour le plaisir rare de séjourner dans un lieu au parti pris esthétique affirmé, sans sacrifier le confort ni la convivialité.
J'ai aimé :
- L’atmosphère intimiste de l’hôtel, qui ne compte que quelques chambres. De véritables petits appartements au design soigné, avec cuisine équipée, confort remarquable et vues apaisantes sur la nature.
- Le petit déjeuner particulièrement recherché et original, profondément ancré dans l’identité du lieu, avec une belle mise en valeur des légumes cultivés sur place.
- Le complexe VISON, absolument incroyable, véritable destination à part entière avec ses nombreuses boutiques, restaurants et expériences autour de l’art de vivre japonais.
J'ai regretté :
- L’absence de stores véritablement occultants, qui laissent entrer la lumière du jour dès le petit matin.
Informations Pratiques
- Chambre au tarif de 550€ en août 2026.