Banyan Tree Higashiyama Kyoto : L’Élégance du Ryokan au Cœur d’un Hôtel Contemporain
Sur les hauteurs boisées de Higashiyama, à quelques pas des temples et des ruelles anciennes de Kyoto, le Banyan Tree Higashiyama Kyoto invite à découvrir la ville au rythme d’un séjour paisible. Ouverte en 2024, cette adresse de 52 chambres réunit l’architecture de Kengo Kuma, l’élégance des intérieurs inspirés du ryokan et les plaisirs d’une table attentive aux saisons. Entre bambous, bains de source chaude et dîner kaiseki à Ryozen, nous avons découvert une hospitalité japonaise empreinte de délicatesse, où chaque retour après les visites devient un moment à savourer.
Un Refuge Paisible Aux Portes de Higashiyama
Ouvert en 2024, le Banyan Tree Higashiyama Kyoto se tient à l’écart de l’effervescence sans jamais s’en éloigner vraiment, bénéficiant d’une adresse rare sur les pentes boisées de Higashiyama, au cœur du Kyoto historique. Niché sur une colline enveloppée de bambous et ponctuée d’anciens cerisiers sakura, l’hôtel offre une retraite d’une grande sérénité, tout en plaçant les voyageurs à quelques minutes à pied de sites emblématiques tels que le temple Kiyomizu-dera, la pagode Yasaka, les ruelles préservées de Ninenzaka ou encore le quartier de Gion. Sa situation légèrement en retrait des rues les plus fréquentées lui confère un précieux sentiment de calme, loin des foules, sans compromettre l’accès aux incontournables de la ville. Cette localisation permet surtout de partir tôt le matin à la découverte des temples et sanctuaires voisins, avant l’arrivée des visiteurs, et de retrouver ensuite le calme feutré d’un refuge intimiste au milieu de la nature.
Kengo Kuma Réinvente Kyoto Entre Artisanat, Nature et Modernité
Au Banyan Tree Higashiyama Kyoto, le style se vit comme une respiration lente, à la lisière du sacré et du contemporain. Imaginé par Kengo Kuma, l’hôtel s’inscrit avec une délicatesse rare entre forêt de bambous, jardins restaurés et lignes architecturales d’une grande pureté. Inspiré par le yūgen, cette beauté japonaise mystérieuse et silencieuse, et par l’in-sei, l’art du retrait dans la nature, l’ensemble compose un sanctuaire d’une élégance feutrée, où chaque seuil semble inviter à ralentir. Dans l’ensemble de l’hôtel, de délicates pièces artisanales en bois, vannerie, céramique, métal et textile rappellent le savoir-faire de Kyoto.
Les espaces intérieurs marient avec subtilité artisanat traditionnel et raffinement contemporain. Bois chaleureux, pierre, granit, ardoise sombre et motifs naguri dialoguent dans une palette naturelle, presque méditative. Dans le lobby à triple hauteur, la lumière glisse à travers des lames à claire-voie tandis que de vastes baies vitrées encadrent les jardins comme des tableaux vivants. L’accueil autour d’un thé matcha et de wagashi prolonge cette impression de grâce discrète, révélant un luxe qui ne cherche jamais l’effet, mais privilégie la texture, le silence et l’équilibre.
Point d’orgue de cette mise en scène poétique, le Pavillon de bambou se dresse au cœur de la végétation, avec la forêt de bambous pour toile de fond. Majestueuse et singulière, cette scène de nô en plein air, la seule au sein d’un hôtel à Kyoto, semble flotter au-dessus d’un bassin-miroir, visible depuis le restaurant Ryozen ou la terrasse. Elle devient tour à tour décor contemplatif, symbole culturel et lieu de représentations dédiées aux arts japonais, créant une harmonie rare entre tradition, nature et modernité.
52 Cocons Japonais Entre Tatami, Shoji et Feuille d’Or
Les 52 chambres réinterprètent l’esprit du ryokan avec une sensibilité contemporaine, intime et profondément apaisante. Imaginées par le regretté designer japonais Yukio Hashimoto, elles composent un dialogue subtil entre artisanat traditionnel et confort moderne : sols en tatami, cloisons coulissantes shoji, bois naturel, pierre, papier, mobilier aux lignes épurées et touches délicates de feuille d’or viennent créer une atmosphère feutrée, presque méditative. Les teintes claires et naturelles prolongent cette sensation de calme, tandis que les œuvres d’art japonaises apportent une élégance discrète. Près des larges baies vitrées, les espaces salon horigotatsu invitent à s’installer face au paysage, idéales pour lire, prendre un thé ou simplement contempler les jardins, les toits de tuiles de Kyoto, les pagodes et les montagnes au loin.
Notre chambre Serenity, d’une superficie généreuse de 48 à 55 mètres carrés, offrait un refuge d’une grande douceur après une journée passée à explorer Kyoto. Le lit King Size, enveloppé de linge 100 % coton, se distinguait par un confort remarquable, tandis que le grand canapé profond et les volumes parfaitement maîtrisés renforçaient cette impression de cocon. La salle de bains constituait l’un des points forts de l’expérience : magnifiquement agencée, elle pouvait être isolée grâce à des cloisons shoji, créant une atmosphère intime et très japonaise. Au centre, la baignoire profonde en bois de hiba aromatique invitait à un véritable rituel de détente ; son parfum naturel, subtilement boisé, se mêlait à l’eau chaude, que l’on pouvait délicatement parfumer avec un sachet choisi au moment du check-in. Pour une parenthèse encore plus exclusive, les chambres Onsen Retreat disposent d’un onsen privatif alimenté par une eau thermale naturelle à 40 degrés provenant de la source située sous l’hôtel, offrant le privilège rare de profiter d’un bain de source chaude dans l’intimité de sa chambre.
Le Festin du Réveil, du Sashimi au Croissant
Au réveil, l’expérience se décline selon les envies, entre raffinement japonais, équilibre bien-être et classiques occidentaux. Le petit-déjeuner japonais met à l’honneur les saveurs du terroir avec un maquereau espagnol grillé au miso Saikyo, un assortiment de sashimis, du porc de Kyoto mijoté au chou chinois, des mets de saison, un délicat flan aux œufs au poulet de Tamba, accompagné de riz Koshihikari de Nichinan ou d’une bouillie de riz, d’une soupe miso de Kyoto Yamari, de pickles et de fruits de saison. Pour une option plus légère, le petit-déjeuner bien-être associe salade à la vinaigrette au miso Saikyo, granola, yaourt, baies, fromages et fruits. Les amateurs de douceur occidentale pourront quant à eux choisir leurs œufs, brouillés, en omelette ou au plat, servis avec bacon, saucisse, galette de pommes de terre, champignons, haricots mijotés à la tomate, brocoli poêlé, petite salade verte et une sélection de pains, du croissant au toast doré.
Ryozen, le Terroir de Kyoto se Fait Poésie
La découverte du terroir se poursuit à la table du Ryozen, un restaurant de style kappo installé près du pavillon de bambou. Ouvert pour le petit-déjeuner et le dîner, il offre un cadre serein donnant sur le bassin-miroir et la scène de nô, avec les bambous en toile de fond. La cuisine y célèbre les saisons et les producteurs locaux à travers les Kyo-Yasai, les légumes de Kyoto, le miso local ou encore le Black-Shichimi, un mélange d’épices régional. Servies dans une vaisselle en céramique peinte à la main, les compositions témoignent du soin accordé à la présentation autant qu’au goût.
C’est dans cet écrin que nous avons dégusté le Fushi Kaiseki, un dîner en huit services qui explore l’essence des quatre saisons à travers une succession de petites portions raffinées. La délicatesse des préparations et la précision des dressages accompagnent une cuisine qui laisse chaque ingrédient exprimer ses nuances, au fil d’un repas empreint de l’hospitalité japonaise. Le restaurant propose également le Kaden Kaiseki, une expérience en sept services consacrée aux saveurs authentiques de Kyoto, ainsi qu’un dîner immersif au comptoir, où les chefs préparent les plats sur le gril sous les yeux des convives.
Les amuse-bouches ouvrent le Fushi Kaiseki à la manière d’un paysage miniature de la saison : sur un plateau sombre ponctué de feuillages, de petites bouchées colorées côtoient des coupelles aux formes délicates. L’aubergine mijotée à la sauce Daigo et l’anguille grillée, accompagnée de tofu au sésame et de concombre, composent un prélude tout en douceur, tandis que la pêche sauvage, le jambon cru à la figue et la patate douce confite apportent des nuances fruitées et gourmandes. L’ormeau d’Ezo, l’épaisse omelette japonaise et le canard rôti enrichissent cette mosaïque, complétée par les œufs de morue épicés accompagnés de racine de lotus, la bardane roulée et le konjac mijoté dans une sauce soja. Face au jardin, les fines bulles du saké Kagura Sparkling accompagnent avec légèreté cette entrée en matière, dont la diversité annonce toute la richesse du menu.
Après cette mosaïque de saveurs, le bouillon de saison invite à une dégustation plus épurée. Il révèle un dashi clair, élaboré à partir de kombu de Rishiri affiné pendant cinq ans, de copeaux de bonite katsuobushi et de thon maguro-bushi. Une quenelle de congre, des nouilles somen et du potiron composent ce service délicat, relevé par les notes vives du yuzu et la touche acidulée de la pâte de prune. L’accord se poursuit avec le Roasted Green Sparkling, un thé vert torréfié pétillant servi dans un grand verre à pied, avec une belle robe ambrée.
Les sashimi se dévoilent dans une présentation d’une grande beauté. Les trois variétés de poisson, découpées avec précision, alternent teintes nacrées, rouge profond et transparence de la chair. Elles sont simplement accompagnées de feuilles de shiso, de quelques herbes, d’une pointe de wasabi, de radis et de fleurs discrètes, qui apportent fraîcheur et relief sans détourner l’attention du poisson.
À la fraîcheur des sashimi succèdent les arômes du feu, avec un filet de wagyu Kuroge saisi au binchotan. Les tranches révèlent un cœur rosé, juteux et généreusement persillé, bordé d’une croûte délicatement dorée aux parfums de charbon. Autour, les légumes grillés — courge fondante, maïs miniature, poivrons rouge et jaune — apportent douceur, couleur et notes fumées. Les condiments, disposés avec retenue — piment noir et sel, wasabi et Akegarashi —, permettent de moduler l’intensité de chaque bouchée sans éclipser la saveur du bœuf.
Après les saveurs grillées du wagyu, le petit pain de racine de lotus, champignons oreilles-de-Judas avec sa sauce à la chair de crabe prolonge le repas dans un registre plus léger. Dans ce plat chaud, l’attention portée aux textures et à la température guide la dégustation, laissant apprécier les particularités de chaque ingrédient. La sauce à la chair de crabe apporte une douceur marine, relevée par la vivacité du wasabi, qui donne du relief à l’ensemble. En accord, la bière Beniharuki Black Sparkling dévoile une robe ambrée bordée d’une fine couronne de mousse.
Le jeu de textures se poursuit avec une crevette et trois variétés de légumes qui se présentent enveloppées d’une pâte aérienne, pâle et finement cloquée, frite juste ce qu’il faut pour préserver la fraîcheur des ingrédients sous une enveloppe croustillante. La crevette, délicatement courbée, apporte sa douceur marine, tandis que les légumes déploient des nuances végétales plus profondes, entre tendreté et légère amertume. Un sel fin de Kyoto relève l’ensemble avec retenue, soulignant les saveurs sans les dominer.
Le riz vient clore la partie salée du repas sur une note apaisée et profondément réconfortante. Un bol de riz vapeur nacré, délicatement parsemé de maïs sucré, d’edamame croquants et de fines touches de bœuf mijoté, laisse la richesse fondante de la viande envelopper la simplicité du grain. Servi avec une soupe miso fumante et quelques pickles maison aux accents vifs, l’ensemble compose une scène d’une élégance discrète, presque méditative.
On termine avec un dessert qui met à l'honneur la pêche avec une compote de pêche et glace au thé noir apportant une dernière touche de fraîcheur. La glace au thé noir, d’un beige soyeux, repose sur des morceaux de pêche fondants, tandis qu’un petit pichet de sirop ambré invite à ajuster la douceur au gré de la dégustation. La présentation, épurée et raffinée, retrouve l’élégance discrète qui accompagne tout le dîner. Leur équilibre referme le repas sur une note délicate et apaisante, en harmonie avec la sérénité du lieu.
Cocktails et Sakés Locaux au Bar Ryozen
Situé sous le restaurant, le bar Ryozen dévoile un refuge intimiste de vingt places, où la lumière tamisée invite à savourer l’art japonais du verre. Sa carte réunit plus de trente sakés locaux et haut de gamme, dont des cuvées de Fushimi et quelques bouteilles rares, à découvrir en assortiments de dégustation. Les cocktails prolongent cette exploration des saveurs, du Ryozen Green Tea Gin and Tonic au Mirin Breeze, en passant par le martini Kyoto, associant saké Junmai Daiginjo et notes végétales, tandis qu’une sélection de whiskies japonais rares séduira les connaisseurs. Pour un apéritif tout en douceur ou une dégustation plus généreuse, une formule de quatre-vingt-dix minutes de saké à volonté s’accompagne de bouchées préparées par le chef, entre sushis tamari au saumon fumé, tofu frit aux noix de Saint-Jacques et salade au rosbif, le tout servi avec attention.
Quand Kyoto Épouse les Rituels de Bali et de Thaïlande
Le Banyan Tree Spa Higashiyama Kyoto conjugue les traditions japonaises du bien-être aux massages thaïlandais et balinais emblématiques de la maison. Les soins, élaborés à partir d’ingrédients frais et naturels, dont certains sont issus de la région, s’inscrivent dans une approche holistique fondée sur huit piliers du bien-être. La suite onsen offre une parenthèse particulièrement intime, avec son bain privé en cyprès hinoki et son sauna à vapeur : le rituel signature Onsen Indulgence y associe une heure de bain à une heure de massage. Alimentés par une source thermale naturelle présente sur place, les onsens non mixtes disposent également de bassins intérieurs et extérieurs pour prolonger la détente. Une salle de sport et des séances de yoga matinales près de la forêt de bambous complètent cette invitation à ralentir au cœur de Kyoto.
Mon Avis
Le Banyan Tree Higashiyama Kyoto offre un cadre paisible pour explorer à pied les temples et les ruelles historiques, puis retrouver une chambre spacieuse au confort soigné. L’architecture de Kengo Kuma, le pavillon de bambou et les intérieurs inspirés du ryokan donnent à l’hôtel une identité japonaise affirmée. Entre un bain dans la baignoire en bois de hiba, une pause dans les onsens et un dîner kaiseki au Ryozen, le séjour mérite de laisser quelques heures libres après les visites. Une adresse particulièrement adaptée aux voyageurs qui souhaitent associer découvertes culturelles, gastronomie et détente, dans le calme des hauteurs de Higashiyama.
J'ai aimé :
- La chambre Serenity, superbe équilibre entre confort contemporain et esthétique japonaise, avec un esprit ryokan très réussi grâce au tatami et au bain en bois.
- Le petit-déjeuner et le dîner au Ryozen, tous deux excellents.
- Le design de l’hôtel, notamment le lobby et le magnifique pavillon en bambou, à la fois élégants, originaux et très singuliers.
J'ai regretté :
- L’hôtel est situé en haut d’une colline : malgré sa proximité avec les principaux sites touristiques, l’accès à pied peut être assez exigeant, particulièrement en été avec la chaleur.
Informations Pratiques
- Chambre Serenit y au tarif de 1000€ en juillet 2026.
Coordonnées
Voir DisponibilitésBanyan Tree Higashiyama Kyoto