Les écuries royales du XVIIIe siècle abritent désormais l'un des hôtels les plus singuliers de Strasbourg, où Patrick Jouin et Sanjit Manku ont superposé des teintes seventies et un modernisme futuriste aux charpentes apparentes d'origine. Le spa s'articule autour d'une piscine de 17 mètres, tandis que la Brasserie des Haras—dirigée par Marc Haeberlin et François Baur—propose une cuisine française aux accents alsaciens sous des plafonds sculptés de bois. Un refuge design à quelques pas de la vieille ville.
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Où Dormir
Cette demeure à colombages du XVIe siècle, ancienne fabrique puis brasserie, tire son nom des cinq sols (schiste, calcaire, argile, grès, granit) qui nourrissent les vignes de Barr. Vingt-sept chambres marient chêne massif, velours et cuir sous les poutres apparentes. À La Table du 5, Quentin Dassé et Paul Boizet signent une cuisine bistronomique ancrée dans le terroir alsacien. En sous-sol, des voûtes séculaires en grès des Vosges abritent un spa intimiste avec piscine à cascade, hammam et sauna.
Relais de poste de 1528, l'adresse conjugue colombages Renaissance—poutres obliques, balcons en chêne sombre—et esthétique parisienne contemporaine signée MGallery : mobilier Louis XV sur fond épuré, plans d'origine agrémentés de douches à effet pluie et literie king-size. Soixante-trois chambres donnent sur les pavés animés ou la cour intérieure à double vitrage ; les suites préservent voûtes et charpente apparente. À deux pas de la cathédrale, l'hôtel accepte les animaux et propose des configurations communicantes pour les familles explorant le quartier médiéval.
Installé dans un ancien moulin du XVIIe siècle où l'on produisait la glace pour toute la ville, cet hôtel dévoile roues en fonte et machines d'époque au fil de ses 75 chambres. Chacune donne sur les canaux et les maisons à colombages de la Petite France, certaines depuis un balcon privé face aux Ponts Couverts. Restaurant gastronomique signé d'un chef étoilé, spa avec sauna et jacuzzi, chambres communicantes pour les familles.
L'ancien hôtel particulier du Maréchal Léonor Marie du Maine du Bourg réunit aujourd'hui 116 chambres aux grandes fenêtres ornées d'œuvres d'art contemporaines, conçues par l'architecte Jean-Philippe Nuel. Les espaces de restauration, dirigés par Nicolas Stamm et Serge Schaal doublement étoilés à Obernai, proposent une cuisine alsacienne bistrotière du matin au soir, tandis que le chef pâtissier Matthieu Bray signe le tea-time sous un comptoir en bois massif de huit mètres.
Présent depuis près d'un siècle dans le centre historique de Strasbourg, Maison Rouge conserve son identité Art déco à travers 131 chambres et suites, dont certaines offrent une vue sur la flèche de la cathédrale. Les Salons Mistinguett évoquent le faste des années 1920, tandis que le spa constitue un refuge paisible. Les classiques français servis au restaurant ancrent l'hôtel dans la tradition alsacienne et son caractère architectural intemporel.
Chaque artiste local a reçu carte blanche pour concevoir l'une des 38 chambres, donnant naissance à un catalogue visuel sans cohérence délibérée : fresques graffiti, univers steampunk, forêts miniatures, géométries optiques. La Graffateria propose une carte toute la journée dans un décor tout aussi hétéroclite, tandis que des vélos en libre accès facilitent la découverte d'une ville réputée pour ses pistes cyclables. Un salon partagé sert d'espace de travail ou de détente.
Où Manger
Face au Palais Rohan, Jérémy Page, formé chez Robuchon, déploie une cuisine moderne d'une précision délicate, ponctuée de clins d'œil alsaciens. Les sauces révèlent son inspiration : crème d'algues sous un filet de saint-pierre à peine saisi, jus Grand Veneur autour d'un médaillon de sanglier. Salles feutrées et comptoir ouvert sur les fourneaux composent un cadre intimiste, prolongé par une carte des vins saluant grands crus et cuvées bio d'Alsace.
Guillaume Scheer et son épouse Charlotte dirigent cette table étoilée au centre de Strasbourg, où le chef déploie une technique aiguisée — acquise au Pavillon Ledoyen et chez 1741 — sur homard bleu de Bretagne, pigeonneau et filet de charolais. Cuisine moderne structurée par des sauces et jus généreux, une cuisson maîtrisée et un service attentif.
La sobriété scandinave du décor annonce une cuisine d'auteur doublement étoilée Michelin—dont l'Étoile Verte salue l'engagement durable. Ici, les plats portent des haïkus en guise de titre et privilégient extractions, fermentations, végétaux de caractère et élevages raisonnés. La technique irréproche livre des cuissons d'une précision millimétrique, des sauces charpentées et des mariages audacieux qui ne manquent jamais leur cible. Carte des vins nature et menu entièrement végétarien disponible.
Reconstruite pierre par pierre dans le parc de l'Orangerie, cette ferme alsacienne à colombages du XVIIe siècle cultive un raffinement créatif sous ses poutres anciennes. Cuisses de grenouilles sautées au cerfeuil et poularde fermière en cocotte (backeoffe) structurent une carte qui entrelace patrimoine et assiettes saisonnières contemporaines. La salle-véranda et la terrasse surplombent l'écrin de verdure jouxtant le Conseil de l'Europe—cadre pastoral inattendu pour une cuisine précise, gouvernée par le produit.
Un crocodile empaillé rapporté d'Égypte par un soldat napoléonien veille depuis la devanture de cette institution strasbourgeoise du XIXe siècle, désormais étoilée Michelin sous la houlette de Romain Brillat. Ancien second de Gilles Goujon et lointain parent de Brillat-Savarin, le chef conjugue audace alsacienne et raffinement classique : saint-jacques en raviole crémée au potimarron, sole aux légumes-racines et main de Bouddha, sublimées par un décor théâtral de miroirs d'époque et d'appliques Lalique.
La salle épurée de Guillaume Besson—murs blancs ornés de peintures et photographies, parquet, mobilier en bois—accueille une cuisine étoilée qui honore son nom : des assiettes modernes, précises, parfois audacieuses, toujours équilibrées. Le menu « sur le fil » met en scène des produits cuits à la perfection dans une présentation limpide et maîtrisée, révélant une gastronomie créative portée par une technique rigoureuse et une vision singulière.
René Fieger œuvre seul aux fourneaux de cette table étoilée du quartier de la Petite France, façonnant une cuisine moderne ancrée dans le terroir mais ouverte aux saveurs du monde. Son traitement du flétan illustre cette démarche : brunoise de courgettes jaunes et vertes, haricots verts émincés, émulsion dashi-kéfir à la fois acidulée et crémeuse. La salle occupe une maison à colombages, le menu suit le marché.
Formé au Crocodile et au Relais de la Poste, Constant Meyer dirige cette table contemporaine au décor industriel, installée dans la vieille ville de Strasbourg. La formule carte blanche, déclinée en version omnivore ou végétarienne, met en valeur les produits alsaciens avec une exigence technique affirmée et des saveurs franches. L'ambiance décontractée et chaleureuse séduit les gastronomes en quête d'authenticité raffinée sans protocole rigide.
Dans une rue tranquille du quartier de la Krutenau, le chef Alexy Fuchs cultive une cuisine contemporaine qui dialogue avec le terroir alsacien. Langoustine, salade de pomme et glace à la moutarde, ou encore noix de Saint-Jacques, patate douce, ravioli croustillant et émulsion de bisque : chaque assiette équilibre technicité et gourmandise. La terrine de foie gras au chutney de fruits et dampfnudel ancre le menu dans la tradition régionale, tandis que le service, chaleureux et soigné, sublime l'atmosphère intime du lieu.
Ancien maître d'hôtel du Crocodile, le chef officie dans une salle contemporaine et élégante, signant une cuisine traditionnelle fondée sur des produits d'exception. Le tartare « choco-bœuf », association terre-mer enrichie de caviar Kristal et d'un œuf de caille, témoigne de son audace créative, tandis que les crêpes Suzette flambées en salle, servies avec une glace vanille préparée minute, célèbrent le geste classique dans toute sa splendeur.
Questions Fréquentes
Quels quartiers de Strasbourg offrent les meilleures adresses de restauration ?
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La Petite France et les rues autour de la cathédrale concentrent la plus forte densité de tables remarquables, des winstubs traditionnelles aux restaurants gastronomiques. Le quartier de la Krutenau, ancien faubourg populaire au sud de la Grande Île, attire une nouvelle génération de chefs et de bars à vins. Pour des repas plus tranquilles, le quartier de l'Orangerie près des institutions européennes propose plusieurs adresses réputées dans un cadre résidentiel.
Qu'est-ce qu'une winstub et où en trouver d'authentiques ?
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La winstub est un estaminet alsacien traditionnel, généralement lambrissé avec des tables communes, servant des plats régionaux comme le baeckeoffe, la choucroute et la flammekueche accompagnés de vins locaux au verre. Les adresses les plus authentiques se concentrent autour de la place du Marché-aux-Cochons-de-Lait et de la rue du Maroquin, reconnaissables à leurs enseignes sculptées. La réservation s'impose, particulièrement pendant les marchés de Noël de fin novembre à décembre.
Quelle est la meilleure période pour découvrir Strasbourg côté table et vins ?
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L'automne apporte les vendanges et les moûts frais, faisant de septembre à novembre la période idéale pour un séjour œnologique. Les marchés de Noël, de fin novembre à fin décembre, transforment la ville en vitrine des spécialités alsaciennes : bredele, pain d'épices et vin chaud aux épices. Le printemps et le début de l'été conviennent aux repas en terrasse le long des canaux, sachant qu'en août de nombreux restaurants ferment pour congés annuels.
Destinations à Proximité
Explorer FranceLa Grande Île, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988, s'inscrit dans une boucle de l'Ill. Autour de la cathédrale en grès rose, les ruelles débouchent sur la place Kléber et le quartier de la Petite France, où les anciennes maisons de tanneurs du XVIe siècle abritent désormais certains des meilleurs restaurants historiques de la région. Le quartier européen, au nord-est, offre une silhouette moderniste et une atmosphère plus feutrée pour l'apéritif.
L'héritage franco-allemand de l'Alsace imprègne chaque assiette, de la choucroute servie dans les winstubs lambrissés aux Rieslings accompagnant la tarte flambée. La scène gastronomique conjugue tradition régionale et techniques contemporaines, tandis que les hôtels historiques occupent d'anciennes demeures bourgeoises le long des canaux. Dès les beaux jours, les terrasses s'alignent du quai des Bateliers aux Ponts Couverts, face aux bateaux-mouches et à la flèche de la cathédrale.