Capitale mondiale du parfum, Grasse s'étage à 350 mètres d'altitude, sa vieille ville médiévale dévalant des pentes en terrasses où jasmin, rose et tubéreuse sont cultivés depuis le XVIe siècle. Au-delà de la place aux Aires et de ses arcades qui accueillent le marché matinal, l'arrière-pays se déploie : villages fortifiés de Cabris et Saint-Cézaire accrochés aux crêtes calcaires, gorges du Loup entaillant un relief sauvage, plateau de Caussols s'étirant vers les pré-Alpes. C'est l'intérieur secret de la Côte d'Azur, à vingt minutes de Cannes mais à mille lieues de l'agitation littorale.
La table grassoise puise dans la tradition fermière provençale comme dans la proximité du Piémont—pistou, farcis et pâtes fraîches cohabitent sur les mêmes cartes. Les villages offrent leurs terrasses dominant les oliveraies tandis que Grasse même entretient une scène gastronomique étonnamment pointue pour une ville de cinquante mille habitants. Les cafés se regroupent autour du quartier de la cathédrale, là où les parfumeries qui ont rendu possible le N°5 de Chanel poursuivent leur activité dans des ateliers historiques.