Skip to content

Pourquoi Le Café de la Paix Est le Restaurant Incontournable à Paris

Florence Consul
Par Florence Consul ·

À Paris, certains lieux ne se contentent pas d'exister : ils racontent une histoire, imprègnent la ville de leur aura, et deviennent le théâtre vivant de son élégance intemporelle. Le Café de la Paix est de ceux-là. Depuis 1862, cette institution mythique incarne avec éclat l'esprit haussmannien et l'art de vivre à la française. Au fil des époques, il a su préserver son faste et son raffinement, accueillant écrivains, artistes et voyageurs du monde entier dans un décor d'exception. Aujourd'hui encore, il continue de faire rayonner l'élégance parisienne avec une modernité discrète et un sens aigu de l'excellence.

Un Siècle et Demi d'Élégance Parisienne

Situé à l'angle du boulevard des Capucines et de la place de l'Opéra, le Café de la Paix occupe une position stratégique au cœur du quartier des théâtres parisiens. Adossé au Grand Hôtel (aujourd'ui l'InterContinental Paris Le Grand) avec lequel il fut inauguré en 1862, cet établissement emblématique rayonne depuis plus de 160 ans dans la vie culturelle et mondaine de la capitale. Son décor somptueux de style Napoléon III, classé monument historique depuis près de cinquante ans, lui confère un charme intemporel qui attire aussi bien les visiteurs que les habitués du quartier. Véritable institution, il incarne à lui seul l'élégance et le faste du Paris haussmannien.

© Café de la Paix
© Café de la Paix

Au fil des décennies, le Café de la Paix a vu défiler les grandes figures de la scène artistique et politique, devenant un point de ralliement incontournable. Le prince de Galles y avait ses habitudes, Guy de Maupassant et Victor Hugo y laissaient flotter leur esprit, tandis qu'Ernest Hemingway et François Mauriac en faisaient leur refuge. Lieu de rassemblement des avant-gardes, notamment au début du XXe siècle, il a su préserver son prestige même face aux mutations des époques. De l'âge d'or des années 1930 à l'effervescence de l'après-guerre, en passant par les transformations contemporaines, le Café de la Paix reste un symbole vivant de l'élégance parisienne et de son patrimoine culturel.

La Renaissance du Café de la Paix

Le Café de la Paix a récemment retrouvé tout son éclat grâce à la troisième campagne de restauration orchestrée par le célèbre architecte d'intérieur Pierre-Yves Rochon finalisée en 2021. Fidèle à l'élégance fastueuse de la Belle Époque, il a su magnifier l'esprit originel du lieu tout en y insufflant une touche de modernité discrète. La grande salle côté boulevard des Capucines dévoile ainsi un décor somptueux, dominé par les emblématiques colonnes cannelées, les plafonds à caissons ornés de ciels peints, et un mobilier en bois sombre. Les fauteuils de style Louis XVI en cuir crème, les banquettes en velours vert et une multitude de luminaires dorés composent une atmosphère raffinée, baignée de lumière et de noblesse.

© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix

Côté place de l'Opéra, l'ambiance se fait plus décontractée dans un esprit de jardin d'hiver, pensé pour accueillir les visiteurs venus boire un verre ou savourer une pâtisserie à toute heure. Le mobilier en chêne blanchi se marie harmonieusement aux coussins aux motifs feuillus et aux tissus muraux imitant la paille. Le sol, habillé d'une moquette inspirée d'un dessin de feuillage de Madeleine Castaing, prolonge cette sensation végétale et paisible. En redessinant ces deux univers avec sensibilité, Pierre-Yves Rochon a su préserver l'âme du Café de la Paix tout en lui redonnant un souffle contemporain, à la hauteur de sa légende.

© Café de la Paix
© Café de la Paix

Entre Héritage et Création, l'Art de Laurent André

Aux commandes des cuisines du Café de la Paix, le chef Laurent André incarne avec justesse l'élégance culinaire française. Jurassien d'origine et formé auprès des légendes Alain Chapel et Alain Ducasse, il signe une carte qui célèbre les grandes recettes de la brasserie parisienne, tout en y insufflant une touche de modernité assumée. Viandes et poissons sont servis au guéridon, dans le respect des traditions de l'art de la table, et le banc de l'écailler — ouvert toute l'année, sauf en été — renforce cette atmosphère intemporelle. À travers les menus du Marché ou Signature, le chef met à l'honneur des produits de terroir soigneusement sélectionnés, offrant une cuisine à la fois généreuse, raffinée et fidèle à l'identité du lieu. À ne pas manquer également : le brunch dominical, devenu au fil du temps l'un des plus prisés de Paris.

© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix
© Café de la Paix

Délices d'Hier et d'Aujourd'hui

Pour débuter ce déjeuner au Café de la Paix, nous avons choisi de découvrir plusieurs entrées emblématiques de la maison, chacune mettant à l'honneur le savoir-faire traditionnel français. Mon mari, incapable de choisir entre deux propositions aussi alléchantes, a finalement opté pour une demi-portion de soupe à l'oignon et une demi-portion de foie gras — une façon gourmande de se faire plaisir sans renoncer à rien.

Servie dans un bol à oreilles posé sur une élégante assiette blanche, la gratinée à l'oignon du Café de la Paix incarne l'héritage culinaire parisien dans toute sa splendeur. Réalisée selon la recette originale de 1862, cette soupe emblématique ouvre le repas avec chaleur et authenticité. Les oignons longuement confits y dévoilent toute leur douceur, tandis qu'une généreuse couche de vieux Comté gratiné forme une croûte dorée et fondante à la surface. Ce classique revisité avec soin par le chef Laurent André rend hommage aux origines de la maison tout en séduisant les palais contemporains.

Délicatement dressé, le foie gras de canard confit séduit d'emblée par l'élégance de sa présentation. Il est accompagné d'un chutney de rhubarbe, dont l'acidité subtile équilibre la richesse du foie gras, et de fines lamelles de pomme verte disposées en quadrillage, apportant croquant et vivacité en bouche. Une tranche de pain de campagne toasté vient compléter l'ensemble, idéale pour révéler toute la gourmandise de ce grand classique revisité avec finesse.

Pour ma part, j'ai choisi le pâté en croûte. Cette version, à base de canard et de volaille, rappelle la grande tradition charcutière française. Son découpage net laisse apparaître une farce généreuse, parsemée de noisettes du Piémont qui ajoutent du croquant et de la rondeur. La croûte, dorée à souhait, enveloppe le tout avec élégance. À ses côtés, un confit d'oignons roses apporte une note douce et légèrement sucrée, contrastée par la vivacité des cornichons.

Servie avec tout le cérémonial de la grande tradition, la sole meunière du Café de la Paix est soigneusement détaillée à table, devant les convives. Pêchée sur les côtes françaises, cette pièce d'exception est dorée à la perfection, nappée de beurre noisette. Elle s'accompagne d'une mousseline de pommes de terre d'une onctuosité remarquable, qui sublime ce plat emblématique avec une simplicité élégante. Un incontournable, exécuté avec maîtrise et raffinement.

Le rôti de poularde farci incarne quant à lui toute la noblesse de la cuisine de terroir. Farcie de foie gras et de champignons, la volaille est nappée d'une sauce aux morilles et au vin jaune, clin d'œil à la région natale du chef Laurent André. Sa chair tendre, délicatement rôtie, s'accorde à merveille avec la profondeur boisée de la sauce. En accompagnement, des asperges vertes apportent une fraîcheur végétale, tandis que les petits pois à la française, servis à part en cocotte, offrent une note printanière et savoureuse. Un plat généreux, parfaitement équilibré et exécuté avec brio.

Pour clore ce repas en beauté, nous nous sommes laissés séduire par un thé et ses gourmandises. Le thé sencha d'une grande finesse était accompagné de trois douceurs : le millefeuille caramélisé, croustillant à l'extérieur et fondant à cœur, révèle une crème pâtissière à la vanille de Madagascar d'une exquise légèreté, sublimée par un filet de caramel au beurre salé. L'opéra, grand classique revisité avec justesse, dévoile des couches équilibrées de génoise moelleuse, de crème au beurre au café et de ganache au chocolat, sous un glaçage lisse et brillant. Quant à la tarte aux myrtilles, elle charme par la fraîcheur de ses fruits éclatants sur une pâte sablée fine et croquante. Quelques fraises, des chocolats et des pâtes de fruits viennent parfaire cette farandole sucrée, pour une finale à la fois gourmande et élégante.

Mon Avis

En quittant le Café de la Paix, je ne pouvais m'empêcher de ressentir cette impression rare d'avoir traversé le temps, entre grandeur historique et excellence contemporaine. Chaque détail, du décor somptueux à l'assiette parfaitement exécutée, m'a rappelé pourquoi ce lieu reste une adresse incontournable du paysage parisien. C'est une ode à l'élégance, à la tradition et à la gastronomie française, telle qu'on l'aime : sincère, maîtrisée et intemporelle, que je recommande à tous les amateurs de cuisine française.

Informations Pratiques

  • Plus d'informations sur leur site web.
  • Un grand merci au Café de la Paix pour l'invitation à découvrir leur établissement. Bien évidemment, je reste libre de mes propos dans cet article !