Le Prieuré-Baumanière, Luxe Discret et Histoire aux Portes d'Avignon
Caché derrière les remparts de Villeneuve-lès-Avignon, Le Prieuré-Baumanière offre une échappée belle entre passé prestigieux et douceur de vivre provençale. Dans ce village au charme discret, l'ancien couvent reconverti en hôtel de caractère déploie une atmosphère rare, à la fois paisible et raffinée. Loin de l'agitation urbaine, mais tout près des trésors patrimoniaux d'Avignon, cette maison d'exception conjugue art de vivre, héritage historique et excellence culinaire, pour un séjour placé sous le signe de l'élégance et du ressourcement.
Villeneuve-lès-Avignon, Un Village de Caractère à Taille Humaine
Situé au cœur du village préservé de Villeneuve-lès-Avignon, Le Prieuré-Baumanière bénéficie d'un emplacement exceptionnel, entre patrimoine historique et douceur de vivre provençale. À seulement quelques minutes du centre d'Avignon, cette adresse paisible invite à la flânerie dans les ruelles pleines de charme, entre librairies, terrasses de café et boutiques d'antiquaires. Entouré de monuments emblématiques tels que la Chartreuse pontificale, la Tour Philippe Le Bel ou encore le Fort Saint-André, l'établissement offre un point de départ idéal pour explorer les richesses culturelles de la région. Entre les palais des cardinaux, les cloîtres et les églises, chaque promenade révèle les traces d'un passé prestigieux, marqué par l'influence papale.
Un Ancien Couvent Devenu Hôtel de Charme
Niché au cœur du village, l'hôtel incarne l'élégance intemporelle d'un lieu chargé d'histoire. Ancienne livrée cardinalice bâtie en 1332 par le cardinal Arnaud de Via, neveu du pape Jean XXII, il fut d'abord un palais, puis un prieuré, avant de devenir une pension d'artistes et enfin un hôtel d'exception. Ce passé prestigieux se lit dans les pierres blondes des façades, les volumes apaisants, et la proximité immédiate de la Collégiale Notre-Dame. En 2007, Jean-André et Geneviève Charial, séduits par ce lieu unique, en font l'acquisition et lui redonnent vie à travers une rénovation subtile, respectueuse de son héritage et fidèle à l'esprit Baumanière.
Le style du Prieuré mêle avec justesse le charme authentique d'un ancien couvent à une esthétique contemporaine discrète et raffinée. Sous l'impulsion de Geneviève Charial, la décoration associe mobilier moderne, objets chinés, œuvres d'art et souvenirs personnels dans une harmonie feutrée. Les espaces de vie conservent leur sérénité d'origine tout en offrant un confort cinq étoiles. Le jardin de curé, planté de tilleuls centenaires et couvert de glycines grimpantes, prolonge cette atmosphère paisible, idéale pour se ressourcer.
Charme Ancien et Confort Contemporain dans les 36 Clefs
Le Prieuré-Baumanière compte 36 chambres et suites réparties dans trois bâtiments distincts, chacun offrant une ambiance singulière. Dans la maison principale, Le Prieuré, l'histoire affleure à chaque pierre. Les chambres et suites y affichent une élégance sobre : poutres apparentes, mobilier contemporain, teintes naturelles et objets choisis avec soin composent un décor où le raffinement ne cède rien au confort. À quelques pas, Le Chapitre conserve tout le charme ancien de la propriété. Ses chambres spacieuses, parfois dotées de balcons, plongent les hôtes dans une atmosphère feutrée, presque monastique, empreinte de calme et de lumière.
Plus contemporain, l'Atrium — une bâtisse construite en 1972 — propose des chambres généreuses en volume, tournées vers la piscine. Leur décoration actuelle mêle sobriété, lignes épurées et douceur des matières. Partout, la quiétude règne : les murs épais, les sols en pierre, les meubles choisis, tout invite à ralentir. Que l'on préfère le charme patiné de l'ancien ou la sérénité d'un style plus moderne, chaque chambre reflète un art de vivre subtil et apaisé, à l'image de la maison.
Lors de notre séjour, nous avons résidé dans une chambre Luxe au sein de la maison principale, Le Prieuré. Spacieuse et décorée avec soin, elle reflète parfaitement l'esprit de la maison : une alliance subtile entre éléments classiques et touches contemporaines. Le mobilier sobre, les matières naturelles et les tons doux créent une atmosphère apaisante et raffinée. La grande salle de bain, lumineuse et élégamment aménagée, prolonge cette sensation de confort et de bien-être. Chaque détail semble avoir été pensé pour offrir un séjour à la fois chaleureux, paisible et résolument élégant.
Un Début de Journée Placé Sous le Signe du Goût
Installés en terrasse, dans un décor authentique où la pierre blonde et le jasmin en fleurs composent un écrin plein de charme, nous avons savouré un petit déjeuner raffiné et généreux. Viennoiseries dorées, pain frais, cakes maison et tartelettes aux fruits se mêlaient à un bel assortiment de confitures artisanales. Des œufs preparés à la demande et une salade de fruits frais complétaient ce festin matinal, accompagnés de jus pressés et de thé servis avec élégance. Un moment gourmand, tout en simplicité et en douceur, dans la lumière paisible du matin.
À La Petite Table du Prieuré, Le Midi Se Fait Généreux
Au Prieuré-Baumanière, la gastronomie occupe une place centrale et se décline en deux temps, pour offrir aux hôtes une expérience complète, à la fois détendue et exceptionnelle. Le midi, La Petite Table du Prieuré propose une carte inspirée des saisons, à savourer dans une ambiance conviviale, à l'ombre des murs anciens ou en terrasse. Cette table, plus décontractée, reflète déjà tout l'instinct culinaire du Chef Christophe Chiavola. Les plats sont pensés comme des compositions spontanées, généreuses et équilibrées. On y goûte une cuisine vive et spontanée, fidèle aux produits du moment et à l'élégance naturelle du lieu.
Confortablement attablés sous une tonnelle couverte de jasmin et de glycines, avec vue sur le potager biologique, notre déjeuner à La Petite Table du Prieuré fut un moment de grande gourmandise, où la simplicité apparente cache une vraie maîtrise des produits et des saveurs. En entrée, le sébaste rose, préparé façon gravlax, s'accompagne de mangue et d'un mélange herbacé qui apporte fraîcheur, douceur et vivacité — une introduction aussi élégante que subtile. L'huître n°0, servie chaude après un passage au barbecue, surprend agréablement : son alliance audacieuse avec l'os à moelle rôti et le jambon ibérique offre une profondeur de goût inattendue, entre iode, fumé et rondeur.
Les plats poursuivent dans cet esprit d'équilibre et de contraste. Le poulpe, fondant et parfaitement saisi, s'enrichit d'un jus au chorizo relevé par une pointe d'orange : un mariage terre-mer plein de caractère. La côte de cochon du Ventoux, quant à elle, séduit par sa tendreté, accompagnée d'une purée de pomme de terre à l'ancienne, onctueuse et savoureuse. En garniture, une sucrine croquante est twistée par une crème de petit pois, du panko aux anchois et une touche de piment d'Espelette — un véritable jeu de textures et de saveurs.
Le déjeuner s'achève sur une note sucrée tout en fraîcheur et en finesse : la cerise de Provence y est travaillée dans ses différentes expressions — nature, confite, en crème parfumée au géranium — et servie avec une glace délicate à la mélisse du jardin. La brioche perdue, moelleuse et dorée, est sublimée par une crème crue fouettée à la vanille de Madagascar, pour un final à la fois généreux, réconfortant et parfaitement maîtrisé.
Un Dîner au Prieuré : Quand la Gastronomie Devient Art
Le soir, changement de décor et d'atmosphère : place à une cuisine étoilée, subtile et audacieuse dans l'écrin feutré du restaurant gastronomique Le Prieuré. C'est là que s'exprime pleinement le talent du chef Christophe Chiavola, natif de Savoie, formé en Provence, et désormais auréolé d'une étoile Michelin obtenue en 2024. Son approche se veut instinctive, personnelle et profondément respectueuse du produit. Sa cuisine, inspirée par le rythme des saisons et par l'âme du terroir provençal, marie des notes méditerranéennes et florales, toujours avec cette pointe d'acidité qui signe ses créations. Les plats oscillent entre terre et mer, associations inattendues mais parfaitement maîtrisées. Tout est pensé pour créer la surprise, le plaisir et l'émotion — sans excès, sans artifice.
Les menus découverte (5 services) ou dégustation (7 services) permettent d'entrer dans l'univers du chef, à travers des plats ciselés comme des œuvres d'art, portés par des jus profonds, des cuissons justes, et un sens de l'équilibre rarement atteint. La carte des vins, exigeante et ouverte sur les terroirs du Sud et d'ailleurs, accompagne parfaitement cette expérience où chaque détail compte.
Drapée de velours et ouverte sur le jardin, la salle où nous nous sommes installés prolonge avec raffinement l'atmosphère élégante et confidentielle de l'établissement. Dès les premières mises en bouche, le ton est donné : précision, poésie et esthétisme. Un petit pain brioché, parfaitement doré, est accompagné d'un beurre délicatement fumé et d'une huile d'olive fruitée. Le Chef laisse libre cours à sa créativité dès ces premiers instants : une huître travaillée à cru, relevée par des notes d'agrumes, joue subtilement entre fraîcheur marine et profondeur. À côté, une spirale de crème et d'herbes aux escargots, déposée sur une pierre, accompagne une tartelette végétale fine et délicate — un écho à la nature et à la forêt environnante.
Le plat de maquereau fumé se présente comme une véritable composition graphique, où l'esthétique rivalise avec les saveurs. Dressé sur une assiette éclaboussée de coulis de framboise, le poisson dévoile une chair ferme, intensifiée par un fumage précis. L'acidité vive du fruit rouge se marie harmonieusement à la chaleur subtile du gingembre, tandis qu'un condiment glacé au Tabasco, discret mais efficace, insuffle une touche épicée parfaitement maîtrisée. Chaque bouchée oscille entre tension, fraîcheur et profondeur, dans une assiette brute, élégante et profondément contemporaine.
Le "Retour de Petit Bateau" illustre la mer dans ce qu'elle a de plus délicat. Le filet de poisson, cuit à la perfection, offre une chair nacrée subtilement iodée. Il repose sur une fine tranche de cecina — charcuterie espagnole fumée et séchée — qui apporte une note terrienne, savoureuse et charnelle. Des touches végétales — poireau, radis noir, jeunes pousses — ajoutent fraîcheur et croquant, tandis qu'un soupçon de wasabi insuffle une vivacité parfaitement dosée. Une sauce intense et soyeuse vient lier l'ensemble avec élégance.
L'agneau s'impose comme une démonstration magistrale de maîtrise et d'harmonie. Rosée à cœur, la viande est fondante et savoureuse, mise en valeur par un jus brillant et puissant. Les accompagnements créent un jeu de textures et de saveurs : un bonbon de betterave, à la douceur terreuse et au visuel saisissant, dialogue avec la chair de l'agneau, tandis qu'une cerise, à la fois acidulée et fruitée, apporte une touche de vivacité. Un plat à la fois puissant, délicat et audacieux.
Le pré-dessert, aussi graphique que subtil, amorce avec finesse la transition vers la douceur finale. Une sphère mousseuse, légère et parfumée, parsemée de grains de pollen pour une touche florale et miellée, est accompagnée d'une petite tartelette. Ce duo élégant éveille les papilles tout en préparant le palais à la suite avec fraîcheur et légèreté. Le dessert estival explore une partition végétale et lactée tout en nuances. En son centre, un sabayon au concombre repose sur un lit de dés finement taillés, baignés dans une infusion éclatante à la mélisse, concentré de fraîcheur herbacée. Un dôme mousseux au lait ribot, délicatement acidulé, apporte une rondeur lactée et une tension subtile en bouche. Quelques chips de concombre séché, fines et croustillantes, viennent ponctuer l'assiette d'un jeu de textures. Le gin, discret mais présent, parfume l'ensemble d'une note botanique délicate. Un dessert audacieux, pur et parfaitement maîtrisé, qui conclut le repas avec légèreté et modernité.
Les mignardises servies en fin de repas prolongent l'expérience avec la même exigence de précision et de poésie. Deux sucettes glacées apportent une dernière touche rafraîchissante, ludique et élégante. À leurs côtés, deux biscuits dorés aux motifs de rayons de miel séduisent autant par leur esthétique que par leur croquant. Enfin, deux petites fioles mystérieuses permettent d'agrémenter les biscuits selon ses envies. Une conclusion pleine de douceur, d'originalité et en parfaite cohérence avec l'esprit de la maison.
Une Parenthèse de Fraîcheur au Cœur des Jardins Méditerranéens
Le Prieuré-Baumanière invite à une véritable parenthèse de douceur au cœur d'un jardin méditerranéen, entre rosiers anciens, plantes aromatiques et arbres centenaires. On s'y promène à l'ombre des platanes, on s'installe sous la treille de glycine pour lire ou déjeuner en plein air, bercé par le chant des cigales. La piscine extérieure, longue de 18 mètres, est un atout majeur pour les chaudes journées d'été : elle offre calme et intimité, idéale pour quelques brasses en toute tranquillité. Transats confortables, service de collation à l'heure du déjeuner, et lumière dorée du soir qui caresse les pierres anciennes : tout concourt à faire de ce lieu un espace de détente absolue, propice à la rêverie et à la déconnexion.
Mon Avis
Séjourner au Prieuré-Baumanière, c'est s'offrir une immersion rare dans un lieu où le temps semble suspendu, entre patrimoine historique, art de vivre provençal et excellence gastronomique. Chaque instant passé dans cette maison de caractère — qu'il s'agisse d'un moment de repos au jardin, d'un déjeuner convivial ou d'un dîner étoilé — révèle une attention aux détails, une sensibilité et un raffinement qui signent l'âme des lieux. Plus qu'un simple séjour, c'est une expérience sensorielle et émotionnelle, où beauté, sérénité et générosité composent une harmonie parfaite.
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J'ai regretté :
Informations Pratiques
Un grand merci au Prieuré-Baumanière pour l'invitation à découvrir leur établissement. Bien évidemment, je reste libre de mes propos dans cet article !